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À l’occasion des nominations de la nouvelle organisation Streaming First, un nom emblématique a fait irruption : celui d’Arnaud Ngatcha. Ceux qui s’intéressent aux emplois fictifs ont déjà entendu le nom du, jusqu’ici, directeur des opérations spéciales. Il était aussi, depuis 2020 et jusqu’en mars dernier, l’adjoint d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, en charge des relations internationales et de la francophonie. Un élu très actif dans son rôle d’adjoint qui fréquentait vraisemblablement plus les aéroports internationaux que les couloirs de France Télévisions. Mais ça n’empêchait pas ce directeur fantôme de toucher, en plus de ses indemnités d’élu municipal, l’intégralité de son salaire que l’association anti-corruption Transparence citoyenne estime à 100 000 euros annuels. Elle a d’ailleurs transmis un signalement en 2025 au Parquet national financier (article 40). Ce soupçon d’emploi fictif a aussi donné du grain à moudre à la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Vous pensez, quelle aubaine pour son rapporteur ! Questionné en audition sur la nature de son travail effectif, Arnaud Ngatcha s’était vanté d’avoir « fait remarquer à Stéphane Sitbon-Gomez que l’attachement des Français aux animaux de compagnie devenait un phénomène de société », et qu’il fallait donc « y consacrer une opération spéciale en prime time ». 100 000 balles pour suggérer de voir des toutous jouer à la baballe, en voilà un beau métier ! Devant son incapacité à définir concrètement ses fonctions dans l’entreprise, on a seulement appris qu’il « participait aux réunions avec les autres grands directeurs du groupe, sans responsabilités ». Être directeur sans responsabilités, voilà un poste bien confortable... Désormais, on le retrouve directeur d’un fumeux « engagement ». Engagement à quoi ? A faire pleinement son travail à France Télévisions ? Ou bien s’agit-il encore d’un poste opaque sur mesure et sans comptes à rendre ? A l’heure où les budgets sont constamment rabotés, à l’heure où la grande majorité des salariés doivent se serrer la ceinture, à l’heure où certains finissent en burn out, cette nouvelle salve de nominations fumeuses résonne comme une grande claque faite au personnel et même aux citoyens. La CGT exige de l’exemplarité. Elle souhaite connaître la réalité de la lettre de mission et de la charge de travail de M. Ngatcha. Mais aussi celle d’un certain nombre d’autres cadres recasés dans de nouvelles fonctions. En particulier au sein de la nouvelle armée mexicaine que constitue la direction du pôle Actualité, une direction, on le rappelle, qui n’a qu’un rôle de coordination des directions de l’info, des sports et des régions, des directions elles-mêmes largement dotées d’encadrants…
Paris, le 4 septembre 2026
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